Le perroquet de Ruppel

Poicephalus Ruepellii

 Patrick Vlyminckx

Groupe de travail Poicephalus

Traduction: William Vanbeginne

Néerlandais:  Ruppelpapegaai

Allemand:  Rüppelspapagei

Anglais:  Rüppel's parrot

 
D'après les éleveurs, le perroquet de Ruppel est le plus gentil et joyeux parmi les différentes espèces de Poicephalus !  Il s'agit d'ailleurs d'un perroquet très spécial : le mâle et la femelle ont un plumage différent.  Cela s'appelle un dimorphisme sexuel.  Une chose encore plus incroyable c'est que la femelle est plus belle en couleur que le mâle, chose qui est exceptionnelle chez les perroquets.

Les mâles sont totalement de couleur gris, sans la courbure de l'aile d'un jaune violent et ses « chaussettes » jaune orange, ce petit perroquet (environ 22 à 23 cm) ne se verrait presque pas dans son environnement naturel.

La femelle ressemble presque entièrement au mâle mais se distingue par les plumes cobalt bleu du croupion et une couleur un peu plus matte du dessous de la queue.

Du fait qu'en comparaison avec les autres espèces de la famille des Poicephalus, il a une coloration plutôt sobre, (surtout le mâle), antérieurement il y avait peu de demande vers ces oiseaux.  Ils n'étaient donc importés que sporadiquement, souvent comme 'complément' d'un envoi incomplet.  De ce fait, ces oiseaux sont restés tout le temps relativement cher, avec la caractéristique supplémentaire que les oiseaux d'importations se reproduisaient très difficilement.

Il est aussi particulier que les mâles sont plus chers que les femelles et qu'il est difficile de les trouver.

Il y a pourtant aussi une bonne nouvelle, il ne faut pas se faire de soucis concernant les sous-espèces car elles n'existent pas.  Parlant d'un oiseau facile ...

 
Dimorphisme

Comme nous l'avons déjà mentionné plus haut, il y a une différence notable entre les mâles et femelles adultes, ce qui fait qu'un examen endoscopique ou par ADN n'est pas indispensable, à moins que vous ne veuillez pas attendre jusqu'a ce que les oiseaux soient âgés de 14 a 15 mois.  Avant cet âge, tous les jeunes oiseaux ressemblent aux femelles mais après cela les jeunes mâles perdent leurs belles plumes bleues et ce n'est que par-ci par-là qu'il ne reste qu'un petit liseré à l'une ou l'autre plume du dessous de la queue.

D'après certains éleveurs, les jeunes femelles auraient une couleur (bleue) plus intense mais la différence serait vraiment subtile.  Très exceptionnellement certains jeunes oiseaux montreraient après leur naissance un V de couleur gris comme les Youyous mais arrondis avec là-dessous un ventre jaune qui touche jusqu'au bas ventre bleu.  Ce n'est certainement pas une mutation !  Tout le jaune se transforme en gris après quelques mues.  Sur www.feathert.com vous trouverez un bel exemple de ce phénomène.

 
Biotope

Le perroquet Ruppel se retrouve en général le long de berges des rivières ou dans les cimes de très grands arbres de forêts difficilement accessibles en Namibie et au sud-ouest de l'Angola.  En fin de compte nous ne possédons que très peu de données sur le perroquet Ruppel à l'état sauvage. 

D'un côté, cela provient du fait qu'il ne se retrouve que très peu dans une région étendue, qui a une faible population et donc il n'y a que très peu d’observations qui sont rapportées.  En plus de cela, l'oiseau est plutôt petit, de couleur gris foncé et de nature assez farouches.  Il faut donc une bonne dose de chance pour pouvoir observer cet oiseau dans la nature.  D'après certaines estimations, il n'y aurait plus que 9000 oiseaux restants dans leur territoire d'origine, donc relativement peu, ce qui donne une raison de plus de veiller placer les oiseaux qui se trouvent en captivité dans le circuit de la reproduction.

Dans la nature, une grande partie de leur menu serait constituée de coléoptères, larves et mouches, fait auquel l'on devrait donc tenir une attention toute particulière lors d'essais d'élevage dans nos volières.  Pour le restant de leur alimentation, elle est constituée pour la plus grande partie de graines et fruits, graines d'arbres et figues sauvages.

 
Logement et soins:

Le logement est identique que pour les autres espèces de Poicephalus : de préférence une construction métallique avec un treillis convenable malgré que les Ruppels ont plutôt la réputation de se comporter respectablement vis-à-vis de leur abri.  Ce ne sont pas des rongeurs excessifs et ils sont plutôt raffinés avec la nourriture qui leur est présentée.  Ce sont des oiseaux propres si on les compare avec d'autres membres de la famille des Poicephalus.

L'idéal est une volière l'une longueur minimale de 2 mètres et avec une volière intérieure d'un mètre, mais au plus grand ils sont logés, au mieux ce sera car ce sont de vrais artistes dans l'art de voler.  J'ai un jour du attraper un Ruppel dans une très grande volière de compagnie (environ 20 m x 5 m) et j'ai depuis ce moment là, beaucoup de respect pour les acrobaties aériennes de ces petits perroquets.  Ils sont vraiment très rapides et mobiles.  En hiver, ces oiseaux sont contents avec une grande cage spacieuse ou avec une volière intérieure qui est un peu chauffée de 5 à 10 degrés pendant les mois les plus froids.  Pour les perchoirs, il est préférable d'employer des branches naturelles de différentes épaisseurs (2 à 3 cm de diamètre) de préférence provenant de saule ou d'arbres fruitiers.

 
Alimentation:

Leur alimentation est très peu différente des autres espèces de Poicephalus (voir notre article antérieur du groupe de travail Poicephalus).  Les Ruppels devraient recevoir une alimentation plus riche en protéine du fait que dans la nature ils se nourrissent aussi de coléoptères, larves et mouches !

 L'élevage

Il était très difficile de reproduire avec les premiers oiseaux très craintifs qui provenaient d'importation.  Ils avaient besoin d'un maximum de vie privée, sans aucun dérangement.  Les cages devaient être quasiment complètement recouvertes pour arriver à avoir des résultats dans la mi-pénombre.

Les jeunes qui naissaient mourraient toujours et bizarrement au bout de 15 jours.  Apres examens, l'on a remarqué que le système digestif des jeunes Ruppels ne fonctionnait que uniquement pour digérer des protéines animales qui étaient facilement digérables et ceci pendant les 2 premières semaines de leur vie.  Les graines plus difficilement digérables ne sont digérées que plus tard à un âge un peu plus avancé.

Les oiseaux de propre élevage étaient nettement moins farouches et moins sensibles et dans la pratique, l'entente entre un mâle et une femelle est plus facile que chez les Youyous par exemple.

Les exemplaires qui avaient été capturés dans la nature et qui avaient par la suite été mis en reproduction, avaient une préférence très spéciale pour des nichoirs qui étaient suspendus dans les volières avec une inclinaison de 30 degrés mais les Ruppels de seconde génération acceptent les nichoirs traditionnels verticaux.  Prévoyez suffisamment de matériaux à ronger dans le nichoir car apparemment la femelle a besoin de ronger et aussi pendant qu'elle couve.

En général 3 à 4 oeufs sont pondus, exceptionnellement 5 qui sont couvés par la femelle seule pendant 24 à 27 jours, en comptant à partir de la ponte du second oeuf car c'est à ce moment-là que la femelle commence à couver.  Bien que le mâle ne couve pas, il passe beaucoup de temps dans le nichoir pendant cette période.  Les jeunes peuvent être bagués après un peu plus de 2 semaines avec une bague de 7 mm de diamètre et ils quittent le nid au bout de 2 mois.  Ensuite, ils sont encore nourris par les parents pendant environ 5 semaines.

Espérons que par la suite ces jeunes sont repris dans un programme de reproduction ou proposés à la vente, de préférence via le groupe de travail des Poicephalus afin d'éviter que ces jeunes ne doivent passer leur vie dans un living comme animal de compagnie.